AMOK - Sois toujours mort en Eurydice
- Published in NEWS
- Be the first to comment!
« Le monde est encore rempli de rôles que nous jouons. Tant qu'il nous importe de plaire, la mort jouera aussi son jeu même s'il ne plaît point... »
– Rainer Maria Rilke, l'Expérience de la mort
AMOK - Sois toujours mort en Eurydice est l'aboutissement d'une grammaire théâtrale portée par Elizabeth Czerczuk et son matériau, les corps des comédiens-danseurs et musiciens-acteurs.
Alors qu'Eurydice s'enfonce aux enfers, Orphée sombre dans la folie face à l'irréparable perte de son amour. Tout artiste, mage ou chaman qu'il est, Orphée fait face à un espoir impossible, une quête de vie au royaume même de la mort.
Amok est un état d'esprit, celui à la limite de la résistance humaine, à la frontière de la vie et de la mort, de la folie et de la plénitude.
Pour traduire ce déséquilibre, la metteuse en scène rompt avec les dispositifs scéniques classiques et fragmente les procédés dramaturgiques narratifs.
Clé de voûte de l'univers théâtral d'Elizabeth Czerczuk, l'ensemble final trace une topographie immersive, mouvante, dont la houle d'habitants entraîne les spectateurs dans les désordres psycho-délirants de l'inconscient.
Les célèbres sonnets de Rilke, diffusent leur souffle mystérieux, déposant des mots énigmatiques sur des scènes à la limite du fantastique, à moins qu’elles ne soient hallucinées, creusant encore les profondeurs du mythe.
« Où est sa mort ? Vas-tu composer ce récit, avant que ta chanson ne se perde, engloutie ? Où sombre-t-elle, hors de moi ?… Presque une enfant… » – Rainer Maria Rilke




Ma nouvelle création se concentre sur une thématique extratemporelle existentielle qui touche à l’énigme de la vie et de la mort. Elle explore les frontières fluides entre elles, ainsi que les moyens par lesquels femmes et hommes, guidés par leur intuition, par leur raison et leur intelligence, font avec ces questions élémentaires. En Pologne, le courant des recherches métaphysiques est présent depuis toujours, mais c’est à l’époque du romantisme qu’il connaît son apogée, nourrissant jusqu’à aujourd’hui la conscience nationale et sociale, tout comme les vies individuelles. Ce caractère et cet esprit sont particulièrement sensibles dans les drames qui vont servir d’inspiration à mon nouveau travail de théâtre. Je voudrais rapprocher le spectateur français de cette spiritualité et de l’aura qui l’enveloppe, afin d’enrichir d’un trait polonais une identité européenne qui aujourd’hui paraît privée de vécu. Vivre ensemble une expérience élargie à de nouveaux espaces. C’est pourquoi notre Festival des Formes Radicales est cette année consacré à des recherches artistiques qui dépassent les structures formelles de l’art pour tendre vers l’idée d’une œuvre ouverte à de multiples significations, à une expérience intérieure dans la transgression, qui a été décrite par Georges Bataille et par l’un des maîtres de mon théâtre, Antonin Artaud.