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LETTRE D'INFORMATION AVRIL 2024

Amis du Théâtre Elizabeth Czerczuk, en Avril le TEC met la folie en pièce

 

Véritable voyage au coeur de la psyché humaine, 3 dates en ce mois d’avril ouvrent des perspectives libératrices à la folie.Comédiens-danseurs et musiciens-acteurs permettent une véritable immersion dans son univers.

Là où Le Cri d’Yvona laisse entendre toute la déréliction aliénante de la victime face aux cruautés de la société,

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire réveille la mémoire des temps de guerre où se perdre dans la frénésie devient l’unique voie salvatrice pour échapper à l’écrasement moral.

En guise de clé voûte de cet édifice, Amok explore l’aliénation pshychique dans un décor renversé où s’effacent toutes frontières.Différentes facettes donc des désordres psychiques - collectifs ou individuels - mais toujours la même grammaire théâtrale.

Vague déferlante de corps entremêlés, pantomime expressionniste de gestes suspendus, mouvements de pas dansés.

Bien loin des scénographies où les spectateurs sont conviés à admirer l’interprétation d’interprètes, Elizabeth Czerczuk instaure un espace de figuration où il s’agit de mettre en jeu son être au monde en entrant en communion avec comédiens et musiciens.

Représentations à 20h00.
Les portes du théâtre ouvrent à 19h30.

Le Cri d’Yvona : samedi 6 avril


Amok : samedi 20 avril


Aujourd’hui, c’est mon anniversaire : samedi 27 avril

Théâtre Elizabeth Czerczuk
20 rue Marsoulan - 75012 Paris - T : 01 84 83 08 80

 

Lettre d'information Mars 2024

Amis du Théâtre Elizabeth Czerczuk, 

Suivant les méandres et les soubresauts de la recherche artistique, la pièce Amok tiendra le devant de la scène avec les étapes de création du 16 mars et du 28 mars. 

Loin des dispositifs scéniques classiques et des procédés dramaturgiques narratifs, Elizabeth Czerczuk quitte définitivement les bords de la folie salvatrice face aux cruautés des hommes

et aux tragédies de l’histoire qu’elle explore dans Le Cri d’Yvona et Aujourd’hui, c’est mon anniversaire pour basculer dans la démence destructrice. 

Tels une marée de détresse et d’effroi, d’agitation et de tremblements, les comédiens-danseurs immergent les spectateurs dans les désordres de l’inconscient.

Des désordres dont aucun ne sort pas indemne. Véritable moment apocalyptique, Amok plante une atmosphère psycho-délirante tout en jetant durablement le trouble. 

Représentations des 16 mars et 13 avril 2024 à partir de 19h30 

Théâtre Elizabeth Czerczuk
20 rue Marsoulan - 75012 Paris - T : 01 84 83 08 80

Le Cri d'Yvona - PREMIÈRE - 14 octobre 2023 - Théâtre Elizabeth Czerczuk

Février au T.E.C. - Lettre d'information

Chers amis du Théâtre,

Après une ouverture de saison inaugurée par l'après-midi du samedi 27 janvier où les extraits joués des pièces Le Cri d'Yvona et Aujourd'hui, c'est mon anniversaire se sont retrouvés sous les feux d'une conférence autour du processus créatif du comédien, le Théâtre Elizabeth Czerczuk continue son oeuvre protéiforme entre 

• lieu de création dramaturgique

• espace de convergence artistique 

• havre de confrontation théorique

• foyer de transmission

Dès le 1er mars, les 3 pièces de la saison

• Aujourd'hui, c'est mon anniversaire

• Le Cri d'Yvona

• Amok

font l'objet d'un forfait de billets groupés à tarif spécial.

 


 

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire

 

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Aujourd'hui, c'est mon anniversaire donne sa deuxième représentation le samedi 10 février à 20 heures. Dans une atmosphère crépusculaire, des fragments arrachés à la vie (Tadeusz Kantor) libérés de toute structure dramaturgique classique plongent, tour à tour, dans l'effroi et la tendresse, la mélancolie et l'émoi. Avec ses 20 comédiens-danseurs et son quatuor musical, Elizabeth Czerczuk transgresse les frontières et joint les extrêmes, mêlant théâtre et danse, musique et interjection, pantomime et picturalité.

Réservations

 


 

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Foyer de transmission, le Théâtre Elizabeth Czerczuk, dans le cadre de son 

Laboratoire d'Expression Théâtrale (L.E.T.), réunit des élèves durant sa classe de maître du 20 au 24 février pour explorer, incarner, célébrer un "monstre sacré" du théâtre. Pour ce début de saison, ce sera Sarah Bernhardt. L'occasion pour chacun de confronter ses énergies artistiques à un destin mêlant excentricité et engagement, tragédie et mondanité, fulgurance et provocation. 

A l'occasion de la dernière journée du 24 février, les différentes facettes de ce génie se réfléchiront dans une myriade d'expressions. En cette journée de clôture, se succéderont

• spectacle de fin de classe avec les élèves

• performance radicale avec la Compagnie Elizabeth Czerczuk
• conférence-débat avec des auteurs

• lecture chorégraphiée

pour mettre à l'honneur l'héritage de cette rebelle iconoclaste.

Les inscriptions se font en contactant le théâtre par e-mail à l'adresse

contact@theatreelizabethczerczuk.fr ou par téléphone aux 01.84.83.08.80 / 06.12.16.48.39.

Informations

 


 

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Dite le château de la Solitude, la villa normande de Sarah Bernhardt entre dans la sphère du Théâtre Elizabeth Czerczuk. 

Le samedi 3 février, son inauguration se déroulait en présence des autorités locales dans une performance musicale dansée. 
Scénographiant la voix de Sarah Bernhardt dans les corps tournoyants et tourmentés de ses danseurs, Elizabeth Czerczuk compte bien continuer à réunir artistes et invités dans des confrontations animées par l'esprit de cette artiste mythique.

 


AMOK

Présentation de la saison 2024

Découvrez la Nouvelle Saison 2024 au Théâtre Elizabeth Czerczuk (T.E.C.)

Le samedi 27 janvier, les portes du T.E.C. s'ouvrent pour une soirée dédiée à l'art, à la créativité et à la célébration du théâtre radical.

Au programme :

  • Présentation de la Nouvelle Saison 2024 : cette année marquera le retour des classes de maître et lectures chorégraphiées ; des fragments des trois pièces Le Cri d’Yvona, Aujourd’hui, c’est mon anniversaire et Amok seront également présentés au public
  • Une conférence-débat : Débutera à 16h, avec Patrice  BOUGON, Fabrice NICOT, Muriel  ROLAND et Mambo NINIE. Cette table-ronde explorera l’essence de l’artiste dans l’ère actuelle, mettant en lumière la quête du laboratoire  de Grotowski, l’engagement psychophysique du comédien et la spiritualité de l’art. Le débat s’orientera autour de la mission de l’artiste, du processus créatif et de l’importance cruciale de la recherche dans le travail artistique
  • Performances Radicales : Nos comédiens transcenderont les limites scéniques avec des performances audacieuses dans l'enceinte du théâtre. Vivez l'art sous une nouvelle perspective, immersive et inattendue
  • Verre de l’amitié : Partagez avec un moment festif en présence de l'équipe du théâtre

Informations Pratiques :

  • Date et Heure : Samedi 27 janvier, à partir de 15h30
  • Entrée Libre : Venez nombreux, l'entrée est libre pour tous les amateurs de théâtre et d'expériences artistiques uniques.

Ne manquez pas cette journée exceptionnelle au Théâtre Elizabeth Czerczuk. Plongez dans l'inattendu, découvrez l'art sous un nouvel angle et célébrons ensemble la passion du théâtre.

Edito 2024

Chers amis du Théâtre,

Au seuil de cette nouvelle année, nous tenons à revenir sur ce qui nous définitet à partager avec vous nos ambitionsur l'avenir.

En 2023, nous avons fait résonner les murs du théâtre avec la première du Cri d’Yvona, amorcé la création d’Amok, continué les représentations d’Aujourd’hui, c’est mon anniversaire, et ouvert nos portes pour le Festival des Formes Radicales. Durant ces 4 jours, le T.E.C. a vibré du sol au plafond, au rythme des performances, repoussant les limites conventionnelles du temps et de l’espace régissant les œuvres artistiques. 
Pour continuer cette pérégrination en 2024, nous vous proposerons de nouvelles Performances Radicales, musicales, dansées et orchestrées, non conventionnelles. Par l’acte incantatoire qu’est la performativité, elles subliment le banal et créent, exnihilo, l’espace scénique. Nous continuerons également ce voyage dans l’Absurde ; un Absurde qui nous confronte à l’absence de réponses, à nos angoisses, qui nous force à explorer ce décalage entre cette quête de sens – résolument humaine –et l’apparente indifférence de l’univers. Un Absurde qui nous amène à une exploration de soi également, et, bien que l’identité soit intangible, en constante destruction, création et modification, plusieurs adjectifs s’apposent au T.E.C. et le caractérisent depuis bientôt une décennie. 

Un théâtre radical, c'est-à-dire un théâtre absolu et total : une fois passé les portes, chaque spectateur se retrouve transporté dans un univers atypique où le quotidien n’a plus d’emprise. 

Un théâtre franco-polonais, qui puise dans le riche répertoire des deux pays : Witkiewicz, Kantor, Gombrowicz, mais aussi Artaud, Beckett et Genet. Cette symbiose culturelle nourrit et caractérise le Théâtre Elizabeth Czerczuk : une célébration de la diversité, mais aussi des racines, matérialisée dans cette curiosité de l’humain, de ses émotions, de ses tourments, et du monde qu’il peuple. 

Un théâtre réflexif, qui nourrit l’âme et la pensée. En 2024, plusieurs cycles de Lectures chorégraphiées seront ainsi organisés. Avec Sarah Kane et Amok, nous plongerons dans les méandres de la psyché humaine, sa folie, ses tourments et ses passions. Un deuxième cycle sera consacré au Nobel de Littérature 2023, Jon Fosse ; un théâtre postdramatique, dont l’écriture, épurée et poétique, n’est pas sans rappeler celle de Beckett. 
Un théâtre qui s'ouvre vers de nouveaux horizons : à l'occasion du centenaire de la mort de Sarah Bernhardt, nous prolongeons notre espace avec une résidence de recherches artistiques, toujours plus radicales, dans l'esprit de "la Divine".
Un espace dont bénéficieront aussi nos classes de maître : les auditions débuteront dès le mois de janvier. En petits groupes, elles permettent aux élèves d’explorer physiquement et intellectuellement le travail de grands dramaturges. 

Pour cette année 2024, laissez l’Absurde être votre guide dans cette épopée radicale à laquelle nous vous convions. Une épopée hors du temps, hors du commun, hors des sentiers battus, comme un moment suspendu surréaliste, qui nous invite à reprendre souffle.
 
 
Elizabeth Czerczuk

Hommage à Grotowski

De la fondation de son Théâtre des 13 Rangs, en 1959 à Opole, à son exil à Pontedera en Italie, Jerzy Grotowski (1933-1999) a développé un nouvel art dramatique basé sur l’art de l’acteur. Un «théâtre pauvre». Un théâtre de la confrontation avec le mythe porté par un petit groupe d’acteurs formés à sa méthode, qui lui vaut d’être aujourd’hui considéré comme l’un des grands réformateurs de sa discipline. Dans son désir de «confrontation avec le mythe», Jerzy Grotowski a développé une large connaisance des techniques d’entraînement de l’acteur d’Europe et d’aileurs, mais aussi de différentes pratiques rituelles. Il s’est entouré de scientifiques, notamment d’anthropologues et de psychologues. 

Le dimanche 14 janvier marquera les 25 ans de sa mort.

Pour célébrer son héritage, le T.E.C. vous ouvrira ses portes. Plusieurs vidéos d'archives seront projetées (du T.E.C. et du travail du dramaturge), accompagnées par des Formes Radicales, mises en scène par Elizabeth Czerczuk.

 

Entrée libre

16 h - 19 h

Divine Saint-Sylvestre au T.E.C.

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Divine Saint-Sylvestre au T.E.C.

Sarah Bernhardt, surnommée « monstre sacré » par Cocteau, sera à l’honneur pour cette Saint-Sylvestre au T.E.C. Une soirée enchanteresse vous sera proposée, ponctuée par une performance fusionnant danse et contrebasse, accompagnée d'un repas franco-polonais.

Venez, seul ou accompagné !

Réservations obligatoires par courriel à contact@theatreelizabethczerczuk.fr ou par téléphone au 06.12.16.48.39.

Elizabeth Czerczuk et l'équipe du T.E.C. vous souhaitent de très belles fêtes de fin d'année.

FESTIVAL DES FORMES RADICALES

Festival des Formes Radicales 2025

La 4e édition du Festival des Formes Radicales se déroulera du 27 au 30 novembre 2025 au Théâtre Elizabeth Czerczuk. 

 Festival2025

 
PROGRAMME

Thème : « La liminalité »

JEUDI 27 NOVEMBRE :

  • 19h : Ouverture des portes "otwarta brama"
  • Performances liminales
  • 20h : EROS-HYPNOS, otwarta brama, nouvelle création d'Elizabeth Czerczuk (Réservez vos places)
  • 21h : Cocktail de bienvenue 

 VENDREDI 28 NOVEMBRE :

  • 18h : Ouverture des portes
  • Performances liminales
  • 18h30 : Vernissage de l'exposition en présence des artistes / Echanges & rencontres
  • Arts visuels
  • Arts numériques

 SAMEDI 29 NOVEMBRE :

  • 17h : Ouverture des portes
  • Performances liminales
  • Arts visuels
  • Arts numériques
  • 18h : Echanges & rencontres avec les artistes autour de l'art numérique
  • 20h : Concert cathartique Méditation des sens (Réservez vos places)

 ARTISTES EXPOSÉS :

 X-Tin, Ema Duval, Marcoleptique, Maria Mickos, Valentin Sismann, Richard Negre

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EDITIONS PRÉCÉDENTES


Edition 2023 : du 7 au 10 décembre

Thème : « l’Absurde »

PROGRAMME 

Jeudi 7 décembre :

  • 19h15 : ouverture des portes du théâtre
  • 20h : première d'Amok
  • 21h30 : cocktail de bienvenue 

 Vendredi 8 décembre :

  • 17h30 : ouverture des portes
  • Vernissage de l'exposition (avec X-Tin, Axel Coutaz, Marion Revoyre, Catherine Wolff, Iga Gielniewski)
  • Performance Bris de glace
  • Pièce accousmatique Tromparumori
  • Vidéo In Repetito Religare
  • 19h : performance La Bande à/au néant

 Samedi 9 décembre :

  • 14h30 : ouverture des portes
  • Performance/installation La Fontaine aux peluches 
  • Vidéo Carnal 
  • Performance Insanitaires
  • 17h30 : chant lyrique et textes parlés
  • 20h : Aujourd'hui c'est mon anniversaire 

Dimanche 10 décembre :

  • 10h40 : ouverture des portes
  • 11h : diffusion des vidéos (CarnalIn Repetito ReligareThe Wild One)
  • 13h30 : pièce accousmatique Tromparumori
  • 14h : table ronde sur l'Absurde
  • 17h : performance interactive spatiale
  • 17h30 : clôture du festival 

Intervention de l'universitaire Joseph Danan, professeur à l’Institut d’Etudes théâtrales Paris 3 – Sorbonne Nouvelle, et auteur dramatique, durant la table ronde :

"On a déjà évoqué le fait que nous sommes en quête d’un sens à nos existences, et c’est d’autant plus vrai qu’aujourd’hui, les grands discours qui nous permettaient de nous repérer, les idéologies, sans parler de la religion, se sont l’un après l’autre effondrés, et cet effondrement apparemment n’est pas terminé. Et puis il y a ce fameux théâtre de l’absurde. C’est sans doute l’universitaire qui parle en moi, mais je suis toujours très gêné par la récurrence avec laquelle ce terme d’“absurde” revient dans les travaux des étudiants, car il y a le risque que ce terme devienne une étiquette trop commode qui empêche de penser. Ce qui me pose problème avec “l’absurde”, c’est d’essayer de savoir ce que ça recouvre. 

Le livre de Martin Esslin paru en 1963, Le Théâtre de l’absurde, qui a consacré cette expression déjà en usage dans les années 1950, regroupe un nombre d’auteurs considérable qui n’ont à peu près rien à voir entre eux. À commencer par Beckett et Ionesco, si différents l’un de l’autre, mais aussi des auteurs comme Adamov, Genet, Arrabal, Max Frisch ou même Pinter... Le risque est celui d’une étiquette trop simple. Mais c’est aussi le problème des notions ou des concepts qui s’usent. Plus récemment on a pu le voir avec la notion de “théâtre post-dramatique” initiée par Hans-Thies Lehmann, devenue une espèce d’étendard commode et, au total, une catégorie “fourre-tout”. 

Je me suis donc demandé ce qu’il y avait derrière ce terme. De quoi cet “absurde” est-il le nom ? Et en voyant Amok l’autre soir, j’ai fait une liste de mots qui me venaient à l’esprit, qui seraient susceptibles de se substituer à “l’absurde”... liste que j’ai oubliée sur mon bureau avant de venir ici. De mémoire, on y trouvait :

“Onirisme” : c’est une notion fortement présente quand on voit les spectacles d’Elizabeth, je me permets d’élargir car ce que je veux dire d’Amok, évidemment, vaut aussi pour une grande part pour Aujourd’hui, c’est mon anniversaire puisqu’il y a une esthétique qui est à l’évidence la même, et qui vous caractérise. 

“Onirisme”, “cauchemar” qui en est une forme spécifique, “cauchemar de l’Histoire” si je poursuis cette déclinaison (l’Histoire avec un grand H et ses traumatismes).

“Spectres”, “fantômes” (confusion entre les vivants et les morts), “marionnettisation” ou “marionnettes”, “pantins”. Vous ayez une forte tendance – c’est ainsi que je l’ai perçu en tout cas –, à demander à vos actrices et à vos acteurs une forme de mécanique que j’appelle “marionnettisation”. Il faudrait nuancer ou assouplir cette impression, voir comment les actrices ou les acteurs assouplissent précisément cet effet quand vous allez davantage vers la chorégraphie.

En dehors de ces termes, j’avais noté aussi une série de références. Artaud, qui a été évoqué, Gombrowicz évidemment, et puis la Pologne ! Comment ne pas y penser ? C’est très polonais, autant que je puisse en juger. Et puis, tout aussi évidemment, Kantor, votre maître. Et, à la suite de Kantor ou, pour être précis, le précédant, il y a tout ce dont Kantor hérite et qu’on pourrait regrouper sous le terme générique des “avant-gardes”. Les avant-gardes, c’était il y a un peu plus d’un siècle ; en 2024 ce sera le centenaire du manifeste du surréalisme d’André Breton, du premier manifeste, mais avant Breton il y a eu Dada, et c’est vrai que derrière ce terme d’“absurde”, il y a toute une histoire du théâtre – puisque c’est ma spécialité de chercheur –, mais c’est aussi toute l’histoire des formes artistiques qui naît dans les avant-gardes européennes du début du 20e siècle et même avant avec un auteur comme Alfred Jarry si on pense à Ubu roi. Au début du 20e siècle se constitue alors ce qu’on va plus tard nommer “absurde”, à travers le futurisme en Italie, mais aussi le futurisme russe, l’expressionnisme (si présent dans votre esthétique), et à travers dada, bien sûr. J’ai essayé de voir le maximum de choses pendant ce festival, et j’ai souvent pensé à ces avant-gardes, j’ai souvent pensé à dada, aux premières manifestations dada, dans cette espèce de joyeux bordel – pardon ! –, dans lequel vous nous plongez, où surgissent des musiciens, des danseurs, des danseuses, à tous les coins de porte – je parle là de ce qui se passe en dehors des spectacles sur la scène : dans ce spectacle qu’est votre théâtre tout entier. En dehors de la scène, vous faites de votre théâtre un espace mental et esthétique dans lequel tout ça se mêle, se croise. On y rencontre aussi des tableaux, des mannequins et des films. 

Alors pour toutes ces manifestations, eh bien, la notion d’absurde, Elizabeth, vous a probablement aidée – puisque vous avez intitulé votre festival ainsi – à cristalliser quelque chose, mais je n’arrive pas à épuiser ces manifestations en les réunissant sous le terme d’“absurde” ; j’ai besoin de trouver d’autres entrées, d’autres notions, d’autres références, celle d’“absurde” me paraissant trop vague.

[...]Je pense qu’il faut distinguer le sentiment existentiel de l’absurde, et le fait de l’utiliser comme catégorie artistique. C’est très différent. Si je peux ajouter une chose – parce que sinon ce serait inépuisable –, c’est que, face à l’absurde, nous ne pouvons pas nous empêcher de chercher du sens. Dans Fin de partie de Beckett, il y a un moment, dans un dialogue entre Hamm et Clov, où l’un des deux dit : “Est-ce que nous ne sommes pas en train de signifier ?” et ça l’épouvante complètement.

Beckett était terrible par rapport à ça, dès qu’on lui posait une question sur Godot, “Godot c’est Dieu ?” “Je n’en sais rien” disait-il, et puis il coupait court à toute tentative d’interprétation. Mais nous, face à une œuvre d’art – enfin… je dis nous –, il me semble que nous ne pouvons pas nous empêcher de chercher du sens. Et j’ajouterai une dernière chose, c’est que peut-être il ne s’agit pas de trouver un sens (à la rigueur, comme je le disais, du sens) mais peut-être que le simple questionnement, le fait de chercher du sens, suffit à faire sens."

 

Edition 2021 : du 21 au 24 octobre

Théme : "la catharsis". Après une expérience difficile, planétaire et inédite, le sujet suscite un grand intérêt au niveau international.Originaires entre autres de Colombie, d’Espagne, de Pologne, du Burkina Faso et de France, les artistes sélectionnés présenteront leur travail. À travers leurs pratiques, ils donnent un nouveau souffle en sortant des conventions ordinaires.

« C.A.T.H.A.R.T.I.Q.U.E. » : mot-clé pour entrer dans l'esprit de notre deuxième édition du Festival des Formes Radicales.
Durant quatre jours, les artistes sélectionnés avec leur œuvre : théâtrale, picturale, musicale... s'efforceront, comme dirait Jerzy Grotowski, de « toucher plus que la vérité du quotidien ». 

 

Edition 2019 : 1ère édition

La première édition du Festival des Formes Radicales a été organisée par le T.E.C pour célébrer le 50e anniversaire de la mort de W. Gombrowicz (1904 - 1969)... et ainsi offrir au public l’opportunité de découvrir ou redécouvrir le travail et la philosophie de cet auteur encore trop méconnu du grand public. Le Festival des Formes Radicales est une invitation à pénétrer dans le processus philosophique et artistique de la Radicalité, initiée par W. Gombrowicz, et perpétuée par de nombreux créatifs jusqu’à aujourd’hui, à travers le théâtre, mais aussi la peinture, la sculpture, la musique...

 

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75012 Paris
01 84 83 08 80/ 06 12 16 48 39
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