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Entre Witkacy et Elizabeth Czerczuk, c’est l’amour polack

 
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Du théâtre qu’elle a aménagé dans le XIIe arrondissement de Paris, une actrice, metteuse en scène et chorégraphe polonaise a fait un antre où l’on croise les fantômes de Kantor, Grotowski ou Schulz, mais d’abord celui de Stanislas Ignacy Witkiewicz dit Witkacy. La preuve par Les Inassouvis.
 
 
Scène de la trilogie "Les inassouvis" © dr Les Inassouvis, 2018. Tous droits réservés.
 
Paris compte désormais une nouvelle enclave polonaise. Tous les amoureux de la Pologne, de ses écrivains et de ses artistes, connaissent la librairie polonaise boulevard Saint-Germain, beaucoup aiment aussi aller fureter à la bibliothèque polonaise sur l’île Saint-Louis, lieu chargé d’histoire où l’on peut assister à des conférences ou encore voir l’exposition permanente et d’autres temporaires. Ils peuvent désormais venir respirer l’air du pays au TEC. Et tous les amoureux des arts du spectacle sont les bienvenus dans ce lieu peu ordinaire.
 
La reine Elizabeth et ses sept danseuses expressives

C’est un théâtre, comme le T du titre l’indique, fondé et dirigé par une créature made in Poland pur jus, EC, Elizabeth Czerczuk. D’ailleurs, le nom de cette créature – plus qu’une femme, c’est une créature en lévitation dans plusieurs époques – se décline partout : sur les marches des escaliers et les palissades de son théâtre, sur les affiches. Elle est au centre de tout et le plus souvent des spectacles qu’elle met en scène et dont elle est l’astre autour duquel tournent des étoiles, en particulier un chœur de sept danseuses (chiffre sacré des contes) formées (elle a aussi ouvert une école) ou transformées par elle en actrices expressives.

Des mannequins au garde-à-vous étrangement parés vous accueillent dans le couloir tenant lieu de hall de cet endroit plus proche de la maison hantée de fantômes que d’un impersonnel théâtre habituel. Deux affiches de Tadeusz Kantor (l’une de La Classe morte, l’autre de Wielopole Wielopole) gardent le bar où la barmaid Anne-Cécile bat des cils en vous servant un excellent Corbières que son caviste favori vient de lui dénicher. A deux pas de là, tutoyant la nuit, se tient un jardin verdoyant où les fumeurs sont les bienvenus. C'est ainsi que, degré par degré, on glisse hors du temps.

Alors, guidés par deux pompiers ou soldats rescapés des premières guerres du XXe siècle, après un arrêt devant une baignoire vide – objet récurrent de bien des spectacles polonais– , on gagne le sous-sol sans fenêtres où, entre des murs noirs, un spectacle inspiré va vous aspirer : Les Inassouvis.

Witkacy, artiste polonais à tout faire

Le titre fait référence à L’Inassouvissement, l’un des grands romans du Polonais Stanislaw Ignacy Witkiewicz dit Witkacy aussi doué pour les romans, les essais, la peinture et la photographie que pour le théâtre. On doit la traduction d’une grande partie des ses œuvres à l’infatigable Alain Van Crugten (ouvrages parus à L’Age d’homme). L’Inassouvissement est un roman où Witkacy met beaucoup de sa vie tout en écrivant un roman d’anticipation où il prévoit, dans les années 30, que les Chinois seront un jour les maîtres du monde.

Dans ses Souvenirs de Pologne, texte écrit dans les années 60, Witold Gombrowicz raconte que Bruno Schulz, Witkiewicz et lui formaient un groupe. Les deux autres ne sont plus là pour étayer ses dires. Witkiewicz se suicida en 1939, lors de l’invasion de la Pologne par les troupes russes et allemandes. Schulz sera tué en 1942 dans une rue, par la Gestapo, de deux balles dans la tête. Gombrowicz, après un long exil argentin, vécut en France où il mourut à Vence en 1969.

De ces trois auteurs, Witkiewicz est sans doute le moins connu en France où on le connaît (un peu) par son théâtre. En Pologne, sa notoriété n’est plus à faire. Ses œuvres peintes, dont celles de sa fameuse firme des portraits, sont exposées dans les musées ; ses photographies, dont bon nombre d’autoportraits cocasses, ont fait l’objet de publication et son théâtre irrigue toute l’histoire du théâtre polonais depuis les années 50. La comparaison est un peu bancale mais on peut dire que Witkacy joua en Pologne un rôle semblable à celui d’Antonin Artaud en France. Tous deux, contemporains, ont écrit des essais sur le théâtre, dialoguant à distance sans se connaître.

Différence notable, Witkiewicz laisse derrière lui une foison de pièces de théâtre. Tadeusz Kantor en a mis (librement) en scène plusieurs, dont Les Cordonniers et La Poule d’eau. L’un des premiers spectacles de Krystian Lupa entrait avec une fougue débridée dans Les Pragmatistes, pièce sur laquelle Félix Guattari devait livrer quelques réflexions.

Une chorégraphie théâtralisée

Rien d’étonnant donc à ce que la polonaise Elizabeth Czerczuk réunisse en les refondant dans Les Inassouvis trois de ses spectacles précédents (soit une représentation de trois heures avec deux entractes), chacun étant très librement inspiré par un texte de Witkiewicz et remodelé : Démentia Praecox 2.0 (d’après Le Fou et la Nonne), Matka (La Mère) et Requiem pour les artistes. Figure récurrente de Witkiewicz et du spectacle, celle de la mère, incarnée par Elizabeth Czerczuk, et dont les sept danseuses sont comme autant de variations et avatars. Elle fait face à des hommes improbables qui apparaissent comme des esclaves ou les mouches du coche. Les costumes, aussi magnifiques qu’extravagants, signés par la Polonaise Joanna Jasko-Sroka ne sont pas pour rien dans le voyage dans le temps où nous entraîne Les Inassouvis

 
Elizabeth  Czerczuk dans "Les inassouvis" © dr Elizabeth Czerczuk dans Les Inassouvis, 2018. Tous droits réservés. 
 

Ce qui unit l’ensemble, c’est une chorégraphie théâtralisée, organisée en tableaux. Y sont récurrents le grotesque bricolé des costumes, les portes coulissantes, les parois pivotantes, les maquillages expressionnistes, les gestes d’automates désarticulés. On y croise aussi des accessoires surprenants comme ce pénis géant, semble-t-il directement inspiré par un dessin de Witkiewicz datant de 1931 et ainsi légendé : « Eulalie préférant une certaine chose dans le style gothique à mort que de la donner à quelqu’un de plus capable dans certaines choses ». C’est peut-être plus encore dans les dessins et les peintures de son auteur fétiche que la metteuse en scène Elizabeth Czerczuk s’inspire. Autre exemple : ce dessin d’un « défilé de masques sous-carnavalesques » datant de 1932 (voir Anna Micińska, Witkacy, la vie et l’œuvre, éditions Interpress-Varsovie). Les mots ici sont presque superflus. Quand ils s’installent, ce qui arrive parfois, le charme s’étiole.

Kantor (dont sont citées les tables d’écolier de La Classe morte) et Grotowski sont pour la directrice du TEC des phares qui l’éclairent, l’un pour le corps, l’autre pour l’espace, sans pour autant chercher à les imiter. « Je ne cherche pas à refaire du Grotowski ni du Kantor mais à inventer un théâtre physique et spirituel qui doit beaucoup à Marcel Marceau [dont elle fut l’élève] et à d’autres artistes dont j’ai eu le bonheur de croiser la trajectoire », explique-t-elle dans le second numéro de la revue publiée par le TEC.

Dans l’héritage décomplexé d’un théâtre gestuel polonais, celui de Józef Szajna (1922-2008) et celui de Henryk Tomaszewski (1919-2001), Elizabeth Czerczuk crée des ambiances à la fois étranges et désuètes, où l’éclairage et la musique originale (Sergio Cruz, Julian Julien et Karine Huet) jouent bien leur partition.

Chaque soir, avant d’entrer en scène, elle songe sans doute à réaliser ce vœu de Witkacy : « En sortant du théâtre, on doit avoir l’impression de s’éveiller de quelque sommeil bizarre, dans lequel les choses les plus ordinaires avaient le charme étrange, impénétrable et caractéristique du rêve et qui ne peut se comparer à rien d’autre. » Il est vrai que le théâtre gestuel du TEC, dans sa clôture et son confinement, ne ressemble à aucun autre.

 
Jean-Pierre Thibaudat, Blog Médiapart Balagan, le blog de Jean-Pierre Thibaudat, 27 octobre 2018
 

Un Rêve halluciné, une Expérience singulière à nulle autre pareille

 

Dans le prolongement des œuvres précédemment créées, Elizabeth Czerczuk invite à vivre avec sa troupe un rêve halluciné, une expérience singulière à nulle autre pareille.    

Etonnant lieu, qui reflète dans sa conception même l’originalité et l’engagement profond de l’art théâtral selon Elisabeth Czerczuk. Une atmosphère rouge grenat, un beau jardin, un bar accueillant, divers objets insolites, dont d’extravagants mannequins… L’attente même du début de la représentation se révèle ici inhabituelle. Bientôt surgissent dans le bar deux militaires casqués inquiétants et grotesques à la démarche saccadée, rejoints ensuite par la vingtaine d’artistes qui composent la troupe. Une assemblée contrastée et saisissante d’aliénés fantomatiques qui nous convoquent dans l’antre du théâtre pour partager un rêve hallucinatoire, une expérience cathartique qui unit dans un même élan tout ce qui la compose. Singulière, cette expérience l’est assurément. Des costumes et maquillages expressionnistes, des mots proférés en plusieurs langues – française, polonaise, hongroise, espagnole, italienne… -, une chorégraphie des corps tout en intensité et contrastes, des relations ambiguës et exacerbées, la mort qui rôde, la vie qui échappe et l’enfance tendue comme un miroir hypnotique : la pièce déploie une succession de tableaux qui pointent la décadence et la mécanisation de l’époque et la nécessité de la création artistique. Si impérieuse qu’elle peut signifier le renoncement à la vie même. Nourrie par les maîtres de l’avant-garde polonaise des années 1950-1970 – Tadeusz Kantor, Jerzy Grotowski, Henryk Tomaszewski -, par l’œuvre de son auteur de prédilection, Stanislaw Ignacy Witkiewicz (1885-1939), l’esthétique singulière d’Elizabeth Czerczuk déploie un art total d’une grande beauté plastique, qui vise à toucher l’âme, à éveiller les consciences endormies.

Un théâtre radical, baroque et hybride

La pièce condense les œuvres précédemment créées : Requiem pour les artistes et son fascinant cortège de morts-vivants, Dementia Praecox 2.0, libre adaptation de la pièce Le Fou et la nonne (1923) de Witkiewicz, et Matka (La Mère en polonais), librement inspiré par la pièce éponyme du même auteur. Les tableaux créés apparaissent parfois abscons, répétitifs, insistants, mais aussi puissamment évocateurs, impressionnants de maîtrise et d’engagement, notamment lorsqu’ils se passent de mots. Le voyage emporte, et on recommande à tous les apprentis comédiens de venir découvrir cet art à part, à la fois dans sa forme et dans sa relation au spectateur. Les objets participent activement à l’élaboration de ce théâtre fondamentalement hybride, on retrouve les pupitres d’écolier de La Classe morte de Kantor, mais aussi des valises, des chaises, des armatures et prothèses exprimant toutes sortes de métamorphoses, obsessions et déclinaisons monstrueuses. Contre une société du divertissement, une « moutonisation définitive » des êtres, ce théâtre radical engage l’être tout entier : les tripes, les émotions et la pensée. L’artiste ici n’est pas un cérébral réfléchissant à une organisation rationnelle, c’est un « gringalet aux nerfs ébranlés » selon les mots de Witkiewicz. Un gringalet sacrément costaud. 

 

Agnès Santi, La Terrasse, 23 octobre 2018

Une Trilogie Ébouriffante

 

C’est dans son tout nouveau théâtre parisien, véritable laboratoire de créativité, qu’Elizabeth Czerczuk, auteur, comédienne, chorégraphe et metteur en scène, présente sa dernière création : une trilogie originale ébouriffante. Une épopée en trois actes, rythmés par une musique originale, qui se composent de tableaux indépendants, mais reliés entre eux par l’esprit des grands maîtres de l’avant-garde polonaise des années soixante à quatre-vingt : Jerzy Grotowski, Tadeusz Kantor, Stanisław Ignacy Witkiewicz.

« Ce spectacle est un manifeste artistique où se confondent la vie et la mort, la haine et l’amour, au sein d’une famille d’individus déchirés par leurs destins. »

D’entrée de jeu, le public est convié à intégrer les différents espaces et à déchiffrer les codes d’une grande parade surréaliste, au cours de laquelle la folie côtoie la beauté dans une chorégraphie époustouflante et délirante.  La création d’Elizabeth Czerczuk, les Inassouvis, est marquée du thème de l’inassouvissement ; ce sentiment oppressant d’un manque désespéré qui renvoie les personnages à la violence de leur propre solitude. Les personnages luttent pour leur objectif sans pouvoir l’atteindre, ainsi que dans l’œuvre de Witkiewicz.

 

Mylène Vignon, Saisons de Culture, 22 octobre 2018

Participation à Culture au Quai - Septembre 2018

Les Inassouvis - Septembre 2018 - Théâtre Elizabeth Czerczuk

Elizabeth Czerczuk, des racines vers l'ailleurs

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Après deux spectacles très visuels, faits d’une succession de tableaux animés, mon triptyque inaugural s’achevait sur une entrée en scène de la parole. Dans Matka en effet, très librement inspiré de la pièce éponyme de mon auteur favori Stanislaw Ignacy Witkiewicz (1885-1939), Léon et sa mère se lançaient dans des monologues enfiévrés. Ils se laissaient emporter par les mots comme par un fleuve. Impuissants. Incapables de leur imposer un sens. Fruit d’une année de travail intense, ma première création de cette nouvelle saison, Les Inassouvis, va plus loin encore dans l’exploration du langage verbal. Le désir, la colère, la peur et toutes les émotions intenses que je convoque sur scène dans un but cathartique y sont exprimés par des personnages de plus en plus construits. Avec un vocabulaire qui s’enrichit de création en création.

Si la parole que je développe peut isoler ceux qui la portent, elle est aussi un outil de compréhension du monde. Une manière d’aller vers l’Autre, quelle que soit sa culture. Mes rapports avec ceux que je considère comme mes maîtres – parmi lesquels, Jerzy Grotowski, Tadeusz Kantor et Henryk Tomaszewski – étant maintenant posés, je souhaite faire dialoguer mes racines slaves avec le monde, tout en continuant d’en perfectionner les ramifications. En interrogeant leur pertinence à l’heure de la provocation généralisée et de la globalisation. Au T.E.C, 2018-2019 sera la saison de l’ouverture. Celle de l’échange. Valeur qui a présidé l’an dernier au rassemblement et à la formation d’un solide noyau d’artistes de tous horizons et de disciplines diverses, avec qui j’aurai plaisir cette année de poursuivre ma quête d’un théâtre total. D’un art qui part des tripes, et qui donne des ailes. 

Je ne crois qu’en un théâtre de l’intranquillité. Pour la préserver, je souhaite me confronter à des écritures nouvelles : celles du Russe Oleg Bogaïev et de l’Ivoirien Koffi Kwahulé, dont j’organise l’entrelacement dans le spectacle Les Âmes Perdues. La solitude et la folie, deux de mes thèmes de prédilection, ont beau ne pas avoir de frontières, elles prennent partout où elles s’installent des formes singulières qui gagnent à mon avis à être réunies. Cette pièce est aussi l’occasion de creuser la question de l’exil, déjà effleurée dans mon triptyque. Notamment dans sa seconde partie, Dementia Praecox 2.0, qui se déroule dans un hôpital psychiatrique aux allures de Tour de Babel. Les grandes tragédies d’aujourd’hui sont aussi celles d’hier. Celles de toujours. 

L’auteur polonais Witold Gombrowicz, icône de la littérature polonaise, a par exemple vécu en exil en Argentine de 1939 à 1963. Au mois de mars, nous lui consacrons un festival qui a vocation à devenir un rendez-vous annuel. Pour accompagner mon Yvonne, princesse de Bourgogne, d’autres versions de la même pièce sont invitées. Cela afin d’offrir différentes lectures de ce texte qui fait pour moi depuis des années office de fil rouge. De nourriture à mon traitement du féminin qui, grâce aux sept superbes danseuses qui font désormais partie de ma compagnie, a pris beaucoup d’ampleur depuis l’ouverture du théâtre. Les mots de cette saison seront donc pour beaucoup des mots de femmes. 

Je suis heureuse aussi de participer au festival 12X12 porté par la mairie du 12earrondissement ainsi qu’à Culture au Quai, et d’inviter des artistes qui partagent mon goût de la radicalité : Roberta Carreri de la compagnie d'Eugenio Barba, l’Odin Teatret, le photographe Guy Delahaye ou encore la chanteuse hongroise Ágens, dont la voix résonne dans Requiem pour les artistes. Autour d’eux et de mes créations, de nombreux débats et rencontres seront proposés dans le cadre de notre Laboratoire de Radicalité Artistique.

Parce que maintenant plus que jamais, nous avons besoin d’espaces de pensée. De lieux où partager nos remèdes contre l’enfermement et l’intolérance.

Elizabeth Czerczuk

 

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Depuis 2014, Cultur’ in the City propose des coffrets « Culture » qui donnent accès à un large choix d’évènements culturels de qualité à un prix abordable.

 

Les Inassouvis

 

Création originale d'Elizabeth Czerczuk

À travers l'itinéraire d'êtres déchirés par leur propre destin, Elizabeth Czerczuk pose un regard sans concession sur la superficialité du monde et l'aliénation de l'humain. Une épopée surréaliste, tourbillonnante, rythmée par une musique originale, inspirée de l'avant-gardisme polonais des années 1960-1970.

Exégèse de l’œuvre et de l’esprit de Stanislaw Ignacy Witkiewicz (1885-1939), considéré comme l’un des pionniers de la modernité artistique en Pologne, cette création originale explore les racines de la folie. Elizabeth Czerczuk y met en scène de nombreuses créatures enchevêtrées dans leurs enfermements et les dictats sociaux, qui démultiplient la névrose du Fou et la Nonne de St. I. Witkiewicz. C’est toutefois une autre histoire qu’elles racontent. Davantage centrée sur l’actualité.

À la traversée d’un paradis terrestre vient s’opposer le matraquage de la publicité et des médias. S’ensuit un cortège de morts vivants, chacun portant le poids de sa destinée. Par l’opposition des univers, à la fois ode à la vie et à la mort, le théâtre Elizabeth Czerczuk pointe du doigt la violence de notre quotidien. Fait de souffrance et de bonheur. De guerre et d’une grande tendresse qui se dissimule derrière des gestes d’automates détraqués et des lumières étranges, des mots tranchants, une musique enivrante et sous des vêtements gothico-baroques. Mais chez Elizabeth Czerczuk, le dévoilement ne va pas sans de nouveaux mystères. La succession de tableaux qui composent le spectacle en regorge.

Après de nombreux remaniements, Les Inassouvis ouvrent au T.E.C un nouveau chapitre artistique dans la continuité du précédent. Très féminin, plein de folie et de solitude. Mais aussi d’amour.

Mise en scène et chorégraphie Elizabeth Czerczuk
Costumes Joanna Jasko-Sroka
Musique originale Sergio Cruz, Julian Julien et Karine Huet
Voix Ágens
Bande son
 Benjamin Ducasse (violon), Karine Huet (accordéon) et Thomas Ostowiecki (percussion) 
Régie son et lumières Adrien Colomb et Lucas Crouxinoux 
Avec Léa Bridarolli, Sijia Chen, Laurence Crémoux Colson, Elizabeth Czerczuk, Roland Girault, Yvan Gradis, Marcel Korenhof, Lucie Megna-Zürcher, Barbara Orzelowska, Chantal Pavese, Sarah Pierret, Anne Quaderi, Chloé Ressot, Zbigniew Rola, Elzbieta Swiatkowska, Miguel Angel Torres Chavez, Carla Vicentini et Julien Villacampa Boya Saura 

Durée 2 h 30 environ (avec un entracte, accompagné d'une soupe polonaise maison) 

 

Dates et horaires des prolongations

Du 23 janvier au 23 juin
Les jeudis à 20 heures et les samedis à 19 heures 
Exceptionnellement, le dimanche 23 juin à 17 heures

 

Réservation

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La presse en parle

«  Conçu en tableaux successifs où l’image prime sur le sens et la sensation sur la compréhension, Les Inassouvis nous plongent tête la première dans un univers expressionniste et crépusculaire nappé de musiques excessives et envahissantes qui nous prennent aux tripes. » Marie Plantin, Pariscope, 22 novembre 2018 - Article complet -

« Un moment hors du temps, hors de la réalité. » Lucas Javelle, Le Bonbon Nuit, 18 novembre 2018 - Article complet -

« Là encore le spectacle, davantage chorégraphié et physique, fait dans le tourbillon mélancolique, hypnotisant et l’uppercut émotionnel. Une radicalité baroque et tragique qui n’exclut jamais. Bien au contraire.  » Magali Hamard, L'Officiel des Spectacles14 novembre 2018 - Article complet -

« L’esthétique singulière d’Elizabeth Czerczuk déploie un art total d’une grande beauté plastique, qui vise à toucher l’âme, à éveiller les consciences endormies. » Agnès Santi, La Terrasse28 mars 2018 - Article complet -

 

 

Démarche artistique

Élaborer une nouvelle forme métaphysique

La démarche artistique d’Elizabeth Czerczuk est d’élaborer une nouvelle forme de théâtre qui correspond à l’élargissement de la pensée devenue la priorité vitale de notre temps. Cette nouvelle forme passe par la recherche viscérale des émotions et exige un investissement total : vocal, gestuel, chorégraphique et émotionnel. L’hybridation artistique est le signe d’une nouvelle ère où les échanges sont facilités et tous les croisements sont possibles. Le Théâtre d'Elizabeth Czerczuk n'est pas une poésie du langage mais une poésie de l'espace et du mouvement. Elle cherche une sorte d'expression corporelle indépendante du "sens du mot" qui puisse devenir métaphore. La scène de son théâtre "méta-physique" est un lieu où chaque soir se passe quelque chose d'unique d'une manière spirituelle et corporelle, aussi bien chez le comédien que chez le spectateur. L'acte théâtral devient un acte purificateur.

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Rompre avec le dualisme scène-public

Le Théâtre Elizabeth Czerczuk est un lieu d'échange avec le public. Les mises en scène entraînent le spectateur hors de son positionnement d'observateur. La scène et la salle fusionnent en un seul espace où le spectacle englobe le public. L'objectif du travail est de trouver le moyen de toucher chaque spectateur d'une manière individuelle. Celui-ci se trouve entouré par des actions simultanées qui vibrent dans l'atmosphère musicale et le jeu de lumière. L'objectif n'est pas de transmettre un message mais de retrouver et réaffirmer les liens perdus entre le public et les acteurs. Créer un temps de partage, de communion. Chacun peut ainsi créer son propre spectacle, celui de ses désirs. Elizabeth Czerczuk va vers le chemin d'un théâtre de danger, passionnel, convulsif et cathartique. Chaque représentation est un acte qui ne laisse pas le public sortir indemne. 

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Former de nouveaux comédiens

Le Laboratoire d’Expression Théâtrale est une formation professionnelle destinée aux comédiens expérimentés et passionnés désireux de s’initier à une technique solide du théâtre. La pédagogie d’Elizabeth Czerczuk est animée par le concept de théâtre total, lequel dépasse les clivages entre chant, danse et jeu théâtral. L’objectif est de s’approprier l’espace scénique en travaillant directement sur scène et de travailler les modes d’expression vocale et corporelle pour atteindre une nouvelle forme d’art qui révèle la vie intérieure des comédiens. Des masterclass dirigées par des intervenants de renom sont organisées chaque semestre afin d’aborder des thèmes spécifiques à la technique du jeu de comédien. 

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Promouvoir les cultures polonaises et européennes

Le Théâtre Elizabeth Czerczuk a pour mission de faire découvrir au public français un théâtre d’influences polonaises. On y découvre des créations inspirées des œuvres de grands dramaturges et maîtres du théâtre polonais d’avant-garde comme Jerzy Grotowski, Tadeusz Kantor ou encore Henryk Tomaszewski. Fort de sa mission de promotion des cultures polonaise et européenne, le Théâtre Elizabeth Czerczuk organise des rencontres, des débats, des expositions et des projections de films de réalisateurs émergents pour donner à découvrir la richesse du paysage culturel européen. Le théâtre propose également des lectures d’œuvres de grands dramaturges contemporains qui contribuent au renouvellement de la scène théâtrale, notamment par leur modernité thématique évoquant des thèmes actuels mêlant humour grinçant et sens de l’absurde.

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