LOGO BLANC
Super User

Super User

Se taire

Se Taire.jpg
 
 
 
 Les Inassouvis, 2018. Crédit photo : Woytek Konarzewski
 
 
Gloire au critique s’efforçant d’exhumer ce que le quidam saurait sans le savoir : qu’il repaisse le lecteur d’une verve couchant l’idéel sur le papier — le créateur lui-même déclarant : tu as éclairé mon inconscient. Or, que dire devant Les Inassouvis d’Elizabeth Czerczuk ? Vaste entreprise d’une libre adaptation de trois pièces de Witkiewicz, écrirait l’esprit informatif conféré à quelque honnête main googlisante. Trilogie inégale, dirait plutôt le critique, tant le Matka déçoit par le côté gala cheap se substituant aux performances hantées que le splendide Requiem pour les artistes éblouit dans une veine très La Classe Morte, et par l’individuation un tantinet bavarde des personnages que le Dementia Praecox 2.0 diffractait avec brio dans une folie baroque que le théâtre contemporain regrette terriblement avec la disparition d’une époque d’avant-garde polonaise… Le même critique aurait agrémenté d’exemples et d’une dithyrambe sur le théâtre au nom de sa directrice, digne maison de fantômes kitsch revue à neuf l’année dernière — la dégringolade d’accessoires bariolée de lumières LED basse qualité rencontrant le portrait du maître Kantor, qui guide continûment Elizabeth Czerczuk aux côtés de Grotowski et Tomaszewski… Mais au fond, qu’importe ? Il faut suspendre sa parole critique pour parler des Inassouvis : car voilà une expérience ineffable à l’intérêt strictement empirique. Ce que j’abhorre souvent au théâtre, je l’ai trouvé ici magnifié : inclusion forcée du spectateur, récital de poncifs théâtraux… Allez savoir pourquoi, je retiens que, ce soir-là, j’ai eu, pour la première fois, des larmes en rentrant dans une salle de théâtre (a-t-on vu une atmosphère plus fracassante ?) ; que, dansant avec plusieurs comédiennes, j’ai conservé, sur le chemin du retour, leur odeur souterraine imbibée sur mes vêtements — celle que la Czerczuk dépose avec finesse sur leurs tuniques défraîchies… À quand le manifeste pour un théâtre odoriférant ? L’on sortira sans aucun doute des Inassouvis comme d’un rêve lugubre : ne fut-ce point, au fond, le désir de Witkiewicz ? Voilà ce qu’il faudrait retenir : Les Inassouvis, oeuvre synesthétique, met en lumière le génie d’Elizabeth Czerczuk ; la meilleure façon de l’encourager serait, quitte à risquer le romantisme, d’en taire les admirables raisons.
 
 
Victor Inisan, I/O Gazette, 20 novembre 2018
 
Read more...

L'Exposition Les Géants de Guy Delahaye au T.E.C

Du 9 novembre au 27 janvier 2019, le Théâtre Elizabeth Czerczuk accueille l'exposition du photographe Guy Delahaye.

 

expo2.jpg

 

« Dans le domaine du spectacle vivant, il me semble difficile de faire un travail de création en utilisant le numérique. C'est un pan de notre métier qui est en train de disparaître. »

Guy Delahaye

Depuis presque cinquante ans, ce grand photographe sublime le théâtre et la danse à travers son objectif.

Rencontre le vendredi 9 novembre 2018, « La photographie de spectacles : un art en (r)évolution », à partir de 18 heures, suivie du vernissage à 19 h 30 en présence de Guy Delahaye, Christophe Raynaud de Lage, et Joseph Banderet.

Exposition visible à 19 h les soirs de représentation des Inassouvis

 


 

Read more...

Les Inassouvis, une expérience unique à vivre le temps d'une soirée

 
Les Inassouvis, 2018. Tous droits réservés.
 

Un hôpital psychiatrique a récemment ouvert ses portes en plein Paris. Ses patients, comme Alberto, Léon ou Matka, vous accueilleront dignement, avant de vous faire entrer dans une folle farandole. Là-bas, qu’ils soient patients, visiteurs ou infirmiers… tout le monde est fou.

Quand on vous parle d’art contemporain, vous vous hérissez. Ça se comprend. C’est une culture à part, assez spéciale, et très certainement pas à la portée de tout le monde. Et pourquoi pas ? Hier soir, on a vécu une expérience qu’on n’oubliera probablement jamais. Alors que, croyez-nous, on est bien loin de regarder Arte le soir.

La première chose à constater lorsque l’on entre dans cette antre mystique, c’est la lumière tamisée qui nous plonge dans une ambiance obscure. Aux murs, des portraits et tableaux. Des mannequins sont éparpillés dans l’espace, vêtus tels des gothiques. Et des objets, dont on ne comprendra l’utilité que plus tard.

L’accueil n’en sera pas moins chaleureux. L’équipe du lieu vous attend dans un bar cosy, avec une grande terrasse extérieure. On vous y propose d’attendre tranquillement le début de la pièce. Jusqu’à ce que deux gardes militaires d’apparence allemande surgissent au pas en hurlant, faisant leur ronde.

Alerte, on les aurait suivi d’instinct si on ne nous avait pas rassuré et invité à rester en place. Parce qu’à partir de cet instant, nous faisons désormais, nous aussi, partie de la pièce. Débarque alors une bande de fous à lier, qui nous prennent par la main et nous entraînent dans ce qui deviendra une danse éternelle.

Ce qui se passe derrière les portes de la salle de représentation reste secret. Pour le découvrir, il faut se rendre au Théâtre Elizabeth Czerczuk, où se joue la pièce Les Inassouvis. Dans cet asile moderne inspiré des écrits de l’auteur polonais Stanislaw Ignacy Witkiewicz, vous deviendrez fou. Personne n’échappe au joug de ses occupants, qui vous feront rire, pleurer, danser…

Cette mise en scène d’Elizabeth Czerczuk traite de bien des troubles émotionnels. Enfance, famille, amour, solitude, ivresse et mort s’entremêlent pendant ces quelques heures. Comme le sentiment d’être bloqué dans le cerveau d’une seule et même personne, que l’on apprend à connaître et parfois même à comprendre. Avant de céder à sa propre folie.

On vous recommande chaudement d’aller constater par vous-même l’ambiance du théâtre, et vivre ce triptyque impressionnant. Un moment hors du temps, hors de la réalité

 
 Lucas Javelle, Le Bonbon Nuit, 18 novembre 2018
 
Read more...

Artistes à la Folie

 

Au T.E.C, proche Place de la Nation, Elizabeth Czerczuk sonde la face la plus noire de l’âme humaine dans Les Inassouvis, spectacle baroque et chorégraphié. 

Elizabeth Czerczuk aime le théâtre qui ose et creuse dans les tréfonds de l’âme humaine. Sous l’influence de ses maîtres spirituels, Jerzy Grotowski et Tadeusz Kantor, la comédienne et metteuse en scène polonaise le prouve à nouveau avec Les Inassouvis. En fait, cette pièce est composée de Dementia Praecox 2.0, Matka et Requiem pour les artistes, spectacles présentés séparément lors des dernières saisons au Théâtre Elizabeth Czerczuk. Dans le premier, où l’on parle notamment de la souffrance de l’artiste, on croise des personnages, aux yeux exorbités, gestes convulsés et à la démarche de zombies. Habillés dans ce qui ressemble à des camisoles de force, ils tentent d’échapper à leur condition dans un mouvement ultra chorégraphié.

Poupées désarticulées

Car le spectacle, où s’entrechoquent les langues et les rires désespérés, n’est pas seulement un cri ou une plongée dérangeante dans la folie, c’est également un ballet impressionnant de poupées désarticulées.

Celles-ci dansent sur une musique aux accents des pays de l’Est (mais pas que) et invitent le public à y prendre part. Dans le second segment à peine plus apaisé, on retrouve le personnage de Matka, une mère manipulatrice, inventée par le dramaturge Stanislaw Ignacy Witkiewicz (1885-1939), auteur pionnier de la modernité artistique en son pays. Cette femme-monstre a engendré Léon, un fils ingrat et artiste raté. Dans des costumes gothiques, Elizabeth Czerczuk incarne cette mère éplorée, noire puis blanche, comme dans un dernier sursaut de pureté.

« Je suis unique »

Requiem pour les artistes, dernier et impressionnant volet, jette un pont entre le passé et le futur. Avec leurs lourdes valises, les vivants et les morts se retrouvent dans un purgatoire, conséquence de leur existence dissolue. Chacun rêve de s’émanciper et de briser ses chaînes. « Je suis unique », écrit l’un des personnages, comme pour prouver son humanité pleine et entière. Là encore le spectacle, davantage chorégraphié et physique, fait dans le tourbillon mélancolique, hypnotisant et l’uppercut émotionnel. Une radicalité baroque et tragique qui n’exclut jamais. Bien au contraire.

On vous recommande chaudement d’aller constater par vous-même l’ambiance du théâtre, et vivre ce triptyque impressionnant. Un moment hors du temps, hors de la réalité

 
Magali Hamard, L'Officiel des Spectacles, 14 novembre 2018
  
Read more...
Subscribe to this RSS feed
Inscrivez-vous à notre Newsletter !
Recevez chaque mois l'actualité et la programmation du T.E.C .

*En cliquant sur ce lien, vous choisissez explicitement de recevoir la newsletter du Théâtre Elizabeth Czerczuk. Vous pourrez vous désabonner à tout moment.
Suivez-nous !

 

RESERVEZ EN LIGNE ICI

Théâtre Elizabeth Czerczuk
20 rue Marsoulan
75012 Paris
01 84 83 08 80/ 06 12 16 48 39
contact@theatreelizabethczerczuk.fr